Le vin, les sols

Ogier, Châteauneuf du Pape, Expression de terroir 2015

Ogier, Châteauneuf du Pape, Safres (crédit photo: Ogier.fr)

L’histoire de Châteauneuf du Pape peut être abordée de bien des manières. Suite au passage à Québec de Raphaël Pommier, œnologue et partenaire de la maison Ogier, la genèse de ses différents terroirs en est une que nous ne pouvions passer sous silence. Grâce à un conservatoire de terroir dont la maison dispose, les différents sols ont été isolés pour arriver à la création de vins en apparence identiques mais dont les expressions diffèrent légèrement.

Afin d’en déceler les subtiles variations, il apparaît ici important de mentionner que tous les vins sont issus de méthodes culturales et de vinification identiques. L’assemblage de cépages demeure le même pour toutes les cuvées, dominé par la grenache noire.

Alors que l’appellation reine de la vallée du Rhône méridionale est souvent associée à des sols de galets roulés, c’est avant tout au passage sur ce territoire de plusieurs mers et glaciers auquel il faut penser pour comprendre les différents étagés géologiques.

À l’ouest, le calcaire domine, issu de la sédimentation d’anciennes mers à l’époque de l’Urgonien il y a plus de 115 millions d’années. Sur ces plateaux calcaires, la vigne force ses racines à puiser ce dont elles ont besoin dans les fissures d’une roche effritée par le temps.

 

Concentrés à l’est de l’appellation, les safres sont quant à eux des sols d’origine sablonneuse d’une époque plus récente, le Miocène (-15 millions d’années) et qui ont été compressés pour former des roches pauvres en calcaire ou en débris caillouteux.

 

Sur un secteur peu étendu, les sols composés de grès rouges sont peut-être les plus variés de l’appellation. Issus de la même époque (le Miocène) que les safres, ils se distinguent de ces derniers par une composition plus riche en coquillages et en graviers mais aussi par une proportion importante de composés ferreux, souvent associés aux grands terroirs.

 

Parcourant une grande partie de l’appellation du nord au sud, les galets roulés recouvrent des argiles rouges en décomposition. Ces galets apportés et façonnés à travers le temps par la fonte des glaciers et l’érosion du massif alpin permettent à la vigne un enracinement en profondeur. Le rayonnement thermique qu’ils procurent aux raisins pendant la nuit est aussi primordial au développement d’une bonne maturité dans ce secteur marqué par le Mistral, puissant vent du nord qui parcourt la vallée du Rhône à une vitesse parfois vertigineuse.

 

En dégustation, si la profondeur, la générosité et la puissance sont les dénominateurs communs des 4 cuvées présentées, les différences se font sentir, aussi subtiles soient-elles.

La cuvée Éclats Calcaires s’est avérée plutôt franche et ouverte, avec une structure tannique poudrée et une bonne intensité fruitée, équilibrée par d’élégantes notes florales.

 

Sur les safres, le vin présente une expression plus souple et soyeuse en bouche, portée par de généreux accents floraux et des tanins plus gracieux.

 

Sur les grès rouges, la structure tannique et l’acidité semblent plus mordantes. L’expression aromatique diffère des deux premières cuvées par des notes animales et une concentration de fruits noirs plus appuyée.

 

Avec des notes de réglisse et de fruits noirs, la dernière cuvée est une représentation classique des vins issus de sols de galets roulés. L’amplitude et la puissance ont semblé ici très représentatives de ce style de terroir.

 

Ces quatre cuvées sont disponibles en importation privée.

Merci à l’agence AdVini, initiatrice de cette rencontre/dégustation autour des vins de la maison Ogier et à son oenologue, Raphaël Pommier.

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